Efficacité énergétique dans l’industrie : quelles aides disponibles ?

L’efficacité énergétique dans l’industrie est aujourd’hui au cœur des préoccupations des entreprises du secteur. La flambée des coûts de l’énergie et le durcissement continu de la loi en ce qui concerne l’environnement imposent aux usines de repenser leurs modèles de production. Heureusement, pour absorber les surcoûts liés à ces investissements, les pouvoirs publics ont mis en place des dispositifs de financement pour la transition écologique incitatifs. 

L’efficacité énergétique dans l’industrie : pourquoi agir maintenant ?

L’amélioration de l’efficacité énergétique est indispensable pour préserver la rentabilité des entreprises. C’est pourquoi, mieux vaut connaître les objectifs de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC 3) et l’impact financier du marché européen du carbone.

Les objectifs nationaux de la SNBC 3

En 2022, les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie s’élevaient à environ 71 millions de tonnes d’équivalent CO2 (MtCO2eq) en France. Pour honorer les engagements climatiques européens du paquet « Fit for 55 », le gouvernement a publié la troisième édition de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC 3). Cette édition impose un effort conséquent : le secteur industriel doit impérativement réduire ses émissions brutes à environ 45 MtCO2eq par an d’ici 2030. 

Pour atteindre cet objectif, l’État attend des industriels qu’ils baissent leurs émissions de gaz à effet de serre d’environ 5 % chaque année. En conséquence, l’industrie doit opérer une transformation de ses outils de production, qui implique inévitablement une meilleure efficacité énergétique, par l’électrification massive des processus industriels, et par l’abandon définitif des combustibles fossiles les plus polluants.

L’impact financier du marché européen du carbone (SEQE-UE)

Si les objectifs climatiques fixent le cap, le marché européen du système d’échange de quotas d’émissions (SEQE-UE ou EU-ETS) représente une contrainte économique immédiate pour les sites fortement émetteurs. En effet, l’Union européenne prévoit la disparition graduelle des allocations d’ici 2034 en supprimant les quotas gratuits. À compter de 2034, chaque tonne de CO2 rejetée dans l’atmosphère par les cheminées industrielles sera taxée, ce qui viendra grever la marge opérationnelle des entreprises. 

En parallèle de ce resserrement des quotas, le prix d’achat de la tonne de CO2 sur le marché est orienté à la hausse. L’efficacité énergétique de vos équipements thermiques, de vos compresseurs ou de vos fours est donc le meilleur moyen de réduire votre volume d’émissions assujetties.

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Le fonds chaleur : des subventions pour les projets de décarbonation

Le Fonds chaleur a pour mission d’accompagner financièrement le déploiement d’installations thermiques durables au sein des entreprises.

Le soutien à la chaleur renouvelable et à la chaleur fatale

Géré par l’ADEME, le Fonds Chaleur finance principalement la production de chaleur à partir de sources renouvelables telles que la biomasse, la géothermie (profonde ou de surface) et le solaire thermique. En ce qui concerne le secteur industriel, le Fonds chaleur finance massivement la récupération de chaleur fatale, car cette chaleur, générée par les processus et le matériel (fours, séchoirs, groupes froids), et habituellement perdue dans l’atmosphère, peut être captée et réutilisée. Le Fonds Chaleur subventionne:

  • Jusqu’à 60 % des études de faisabilité préalables ; 

  • Jusqu’à 45 % pour les énergies renouvelables pures ;

  • Jusqu’à 30 % pour la récupération de chaleur fatale ;

  • Jusqu’à 40 % pour les réseaux de chaleur et de froid associés.

 

Afin d’encourager la transition du tissu économique local, les PME peuvent bénéficier d’un taux de subvention bonus de 10 % à 20 %.

Les conditions d’éligibilité

Pour que votre dossier soit accepté par les instructeurs du Fonds Chaleur, votre opération doit respecter certains critères :

Filière

Critères d’éligibilité

Réseaux de chaleur/froid

→ Réalisation d’une étude de faisabilité ou d’un schéma directeur ;

→ Respect de la quote-part minimale d’EnR&R (Énergies Renouvelables et de Récupération) dans le bouquet énergétique du réseau ;

→ Respect de la densité thermique minimum ;

→ Respect des exigences réglementaires ;

→ Critères sociaux et de gouvernance.

Biomasse

→ Production prévisionnelle de chaleur issue de biomasse > 1 200 MWh/an (seuil en dessous duquel il faut se référer aux contrats chaleur renouvelable) ;

→ Réalisation d’une étude de faisabilité ou d’une note d’opportunité avec un animateur chaleur renouvelable ;

→ Rendement thermique à puissance nominale > 85% ;

→ Dimensionnement : régime de fonctionnement élevé pour garantir la performance de l’installation.

Géothermie

→ Production prévisionnelle de chaleur renouvelable issue de la géothermie > 25 MWh/an (sauf accompagnement par un contrat chaleur renouvelable) ;

→ Pour les boucles d’eau tempérée géothermiques : longueur du réseau > 200 mètres et taux d’EnR&R minimum de 65% ;

→ Réalisation d’une étude de faisabilité préalable ;

→ Respect des exigences sur le dimensionnement, les équipements de production et de captage de la ressource EnR.

Solaire thermique

→ Surface minimale de 25 m² de panneaux (sauf accompagnement par un contrat chaleur renouvelable) ;

→ Réalisation d’une étude de faisabilité préalable ;

→ Atteinte d’un niveau de productivité minimum selon la zone géographique :

– 350 kWh utile/m²/an (zone Nord France métropolitaine et Les Hauts de la Réunion à partir de 600 m d’altitude) ;

– 400 kWh utile/m²/an (zone Sud France métropolitaine) ;

– 450 kWh utile/m²/an (Corse et DOM excepté Les Hauts de la Réunion).

Méthanisation

→ Construction d’installations nouvelles ;

→ Étude préalable réalisée, conforme à la réglementation ;

→ Accompagnement par une entreprise certifiée Qualimétha (ou conditions équivalentes) ;

→ Apport minimum en fonds propres des porteurs de projets ≥ 5% ;

→ 0% de cultures énergétiques principales ;

→ Maîtrise de 60% du potentiel énergétique du gisement, avec 90% de ce potentiel situé à moins de 40 km ;

→ Couverture adaptée du stockage du digestat (limitation des émissions).

Chaleur fatale

→ Réalisation d’une étude préalable (diagnostic énergétique ou étude de faisabilité) ;

→ Valorisation d’une quantité d’énergie thermique > 1 GWh/an (sauf accompagnement par un contrat chaleur renouvelable) ;

→ La chaleur captée doit être valorisée sous forme de chaleur et/ou de froid.

(Source : site du Fonds chaleur de l’ADEME)

Le cumul avec la prime CEE

L’État encourage l’optimisation de votre plan de financement, grâce au cumul de l’aide de l’ADEME avec la prime CEE. En effet, les aides de l’ADEME sont cumulables, sous conditions, avec les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) depuis 2020. Les fournisseurs d’énergie obligés par l’État peuvent ainsi vous verser une prime CEE conformément aux fiches opérations disponibles sur le site dédié à l’outil en ligne de calcul des Certificats d’Economies d’Energie de l’ADEME. 

 

À noter : pour s’assurer que les fonds publics ne génèrent pas de surrentabilité abusive, l’ADEME module son aide de telle sorte que le Temps de Retour Brut (TRB) de votre investissement soit strictement supérieur ou égal à 3 ans (36 mois).

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Les aides de l'ADEME

Les enveloppes budgétaires mises à disposition dans le cadre du plan France 2030 sont principalement gérées par l’ADEME, pour soutenir la décarbonation profonde des processus industriels et l’amélioration de l’efficacité énergétique. 

L’appel à projets DECARB IND 25

Pour les investissements industriels structurants, l’appel à projets DECARB IND 25 s’adresse aux projets dont les dépenses d’investissement matériel (CAPEX) dépassent le seuil de 3 millions d’euros, avec une demande de subvention strictement inférieure à 30 millions d’euros. Ce dispositif, extrêmement sélectif, exige une réduction minimale des émissions de gaz à effet de serre de 1 000 tCO2eq par an à volume de production constant.

L’appel à projets DECARB-FLASH

Pour les projets nécessitant des décisions plus rapides, l’appel à projets DECARB-FLASH cible les projets dont le CAPEX est compris entre 100 000 euros et 3 millions d’euros (abaissé à 25 000 euros pour les départements d’outre-mer). Il est réservé aux PME, y compris celles soumises aux quotas carbone EU-ETS, ainsi qu’aux grandes entreprises non assujetties à ce marché carbone. Pour être financé, le coût de votre décarbonation doit démontrer une forte efficacité des fonds publics, en restant inférieur ou égal à 80 euros par tonne d’équivalent CO2 évitée sur 20 ans.

Le financement des études avec le programme PACTE Industrie

Avant d’envisager le moindre investissement matériel, la pertinence de votre démarche doit être validée sur le plan technique. Ainsi, pour déposer un dossier DECARB-FLASH ou DECARB IND 25, vous devez obligatoirement déposer un audit énergétique de moins de 4 ans ou une étude d’opportunité d’évolution de votre mix énergétique. Heureusement, le programme PACTE Industrie, financé par les CEE et géré par l’ADEME, permet de subventionner la réalisation de ces diagnostics préparatoires : il prend en charge jusqu’à 80 % du coût des prestations réalisées par des bureaux d’études externes qualifiés.

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Les aides des agences de l'eau

Les agences de l’eau disposent d’un budget de plus de 2 milliards d’euros par an sur la période 2025-2030 pour accompagner la transition hydrique des entreprises. Dans l’industrie, la gestion de l’eau étant intimement liée à l’efficacité énergétique, ces subventions servent à financer des projets d’économies de ressources, de l’étude préalable aux travaux d’investissement matériel.

Le financement des diagnostics et des études de faisabilité

Avant d’engager des travaux sur vos installations, vous devez réaliser un audit précis de vos prélèvements et de vos processus de traitement actuels. Pour ce faire, les agences de l’eau peuvent financer jusqu’à 80 % de vos études préalables et de faisabilité technico-économique, à la condition stricte qu’elles soient confiées à un prestataire externe. Pour être éligible à cette subvention, le coût de votre étude doit représenter un montant minimum de 3 500 euros TTC, selon le bassin hydrographique concerné.

Les subventions pour les investissements matériels et la dépollution

Lors de la phase de travaux, les agences de l’eau prennent en charge entre 40 % et 70 % de vos dépenses pour l’installation d’équipements hydro-économes, la mise en place de circuits en boucle fermée ou la réutilisation des eaux de process (REUT). Ces opérations vous permettent d’agir simultanément sur votre performance énergétique, par exemple par le biais de la récupération de chaleur sur vos effluents ou la méthanisation de vos boues industrielles. D’autres aides prennent en charge entre 30 % et 80 % des investissements pour le traitement des pollutions complexes, comme les micropolluants. Ces subventions matérielles s’appliquent aux projets dont le coût total dépasse 10 000 euros TTC.

Comment sécuriser l’éligibilité de votre usine ?

Pour une amélioration du taux de subvention octroyé par les instructeurs, mieux vaut structurer votre démarche autour d’un Plan de Sobriété Hydrique (PSH). Il s’agit d’un document qui démontre votre ambition chiffrée en matière de réduction de la consommation d’eau par unité de production. Notez également que votre demande d’aide doit impérativement être déposée sur le portail de l’agence de l’eau de votre bassin avant le lancement de toute étude ou la signature du moindre devis pour vos travaux.

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Les dispositifs régionaux et européens

En plus des aides nationales, il existe également des dispositifs mis à disposition par l’Union européenne et les régions qui permettent d’alléger le reste à charge des entreprises industrielles sur des opérations structurantes qui visent l’amélioration de leur efficacité énergétique.

Le Fonds européen de développement régional (FEDER)

Le FEDER est un fonds structurel européen qui vise à renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale, et dont la gestion est confiée aux conseils régionaux en France. Pour le secteur industriel, les subventions du FEDER sont généralement compatibles et cumulables avec les aides de l’ADEME, comme le Fonds Chaleur, à condition de respecter les plafonds réglementaires fixés par l’Union européenne.

Le Fonds pour une transition juste (FTJ)

Le FTJ apporte une aide ciblée aux territoires confrontés à des défis socio-économiques majeurs en raison de leur dépendance historique aux combustibles fossiles ou aux processus industriels fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Ce fonds finance les investissements dans les technologies énergétiques propres et l’efficacité énergétique. De plus, pour protéger l’emploi industriel local, le dispositif permet de bénéficier de taux de cofinancement de l’Union européenne pouvant atteindre :

  • 85 % pour les projets implantés dans les régions les moins développées ;

  • 70 % dans les régions en transition ;

  • 50 % dans les régions plus développées.

Le Fonds pour l’innovation

Le Fonds pour l’innovation (Innovation Fund) est l’un des programmes mondiaux destinés à la démonstration et à la commercialisation de technologies industrielles à très faibles émissions de carbone. Financé par les revenus du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE-UE), il permet d’absorber les surcoûts liés à des projets de décarbonation profonde grâce à des contrats de subvention qui s’étalent sur 15 ans. Pour accélérer la transformation de vos processus, le fonds déploie notamment des mécanismes d’enchères dédiés à la décarbonation de la chaleur industrielle (Heat Auction) pour subventionner des solutions d’électrification, telles que les pompes à chaleur ou les chaudières électriques.

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Le Crédit d'impôt recherche pour les projets d'innovation énergétique

Pour vous aider à mener à bien votre projet d’efficacité énergétique, le Crédit d’impôt recherche (CIR) est un bon moyen de valoriser vos efforts d’innovation.

Un avantage fiscal pour la R&D industrielle

Lorsque les solutions techniques existantes sur le marché ne permettent pas de répondre aux spécificités de vos procédés industriels, votre entreprise peut être contrainte d’engager des travaux de Recherche et Développement (R&D). Pour ce faire, le Crédit d’Impôt Recherche permet à votre entreprise de déduire de son impôt sur les sociétés une partie des dépenses engagées pour concevoir des prototypes ou de nouvelles briques technologiques en faveur de l’efficacité énergétique. Le taux du crédit d’impôt s’élève à 30 % pour la fraction des dépenses de recherche qui n’excède pas le plafond de 100 millions d’euros. Au-delà de ce montant, le taux est ramené à 5 %. Pour les exploitations situées dans les départements d’outre-mer, le taux du CIR est majoré à 50 %.

Les dépenses éligibles et les contraintes de l’innovation

Pour bénéficier du CIR, vous devez démontrer que votre projet vise à dissiper une incertitude scientifique ou technologique, et qu’il dépasse le simple état de l’art de votre secteur d’activité. Si votre démarche est validée, l’assiette des dépenses éligibles à cette réduction fiscale comprend :

  • Les dotations aux amortissements des équipements de laboratoire ou de vos installations pilotes de test ;

  • Les frais de prise et de maintenance de vos brevets liés aux nouvelles technologies énergétiques ;

  • Les salaires et les charges patronales de vos chercheurs, ingénieurs et techniciens de recherche directement affectés au développement de ces solutions de rupture.

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Acsio Conseil : votre partenaire pour sécuriser et débloquer vos aides

Chez Acsio Conseil, nous mettons notre expertise à votre service pour transformer vos obligations environnementales en véritables opportunités de croissance. Notre périmètre d’action couvre tous les secteurs d’activité de l’économie, notamment l’industrie (agroalimentaire et hors agroalimentaire). Pour éviter les erreurs qui pourraient vous pénaliser, nous nous chargeons de l’ensemble des démarches administratives relatives à votre projet (audit, montage du dossier, suivi, déblocage des fonds), des échanges avec les instructeurs, de la coordination avec les organismes publics, du suivi et des déblocages de fonds. Nos experts sont à votre disposition pour échanger à propos de vos projets du lundi au vendredi de 8h à 19h. Prenez contact avec notre cabinet par téléphone au 01 47 37 30 36.

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