Les aides pour la décarbonation de l’aviation

Compte tenu de l’urgence climatique, le secteur aérien est appelé à se transformer. Pour les entreprises de la filière, équipementiers, sous-traitants, aéroports ou start-ups innovantes, cette transition représente à la fois un défi technique et une opportunité de développement. Pour les y aider, l’État et l’Union européenne mobilisent des financements publics pour proposer des aides publiques à la décarbonation et à la transition énergétique.

Qu’est-ce que la décarbonation ?

La décarbonation désigne l’ensemble des actions et stratégies visant à réduire, puis à éliminer progressivement les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) et autres gaz à effet de serre issus des activités humaines. En pratique, cela consiste à :

  • Remplacer les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) par des sources d’énergie bas-carbone : solaire, éolien, hydraulique, nucléaire, biomasse durable, etc.

  • Améliorer l’efficacité énergétique : isoler les bâtiments, optimiser les processus industriels, concevoir des véhicules moins gourmands.

  • Transformer les usages : passer au véhicule électrique, développer les transports en commun, favoriser le fret ferroviaire ou fluvial.

  • Capturer le CO₂ (dans une moindre mesure) : soit par des solutions naturelles (reboisement, gestion des sols), soit par des technologies de captage et stockage (CSC).

 

Pour l’aviation, la décarbonation est un sujet important, car ce secteur voit son trafic croître, mais les solutions existantes ne sont pas disponibles à une échelle suffisante pour absorber la croissance du trafic et atteindre à elles seules les objectifs climatiques. Sous la pression des réglementations (quotas carbone, objectifs d’incorporation de carburants durables), des passagers plus exigeants et de l’objectif de neutralité carbone en 2050, il lui faut absolument réduire ses émissions. 

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Les 3 piliers de la décarbonation dans le secteur de l’aviation

La stratégie française et européenne repose sur trois grands piliers pour réduire les émissions du secteur aérien. Pourtant reconnus par les feuilles de route nationales et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI),  aucun d’entre eux ne suffit seul. C’est leur complémentarité qui permettra d’atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.

L’efficacité énergétique : renouveler les flottes

L’efficacité énergétique est le premier pilier de la décarbonation de l’aviation. Pour ce faire, le secteur de l’aviation doit envisager de remplacer les anciens appareils par des avions de nouvelle génération. En effet, ces appareils consomment entre 15 % et 25 % de carburant de moins par passager par rapport aux générations précédentes. Dans les compagnies aériennes européennes, la part des avions nouvelle génération progresse rapidement : les commandes passées ces dernières années devraient permettre de porter cette proportion à plus de 70 % à l’horizon 2030 dans les flottes les plus engagées. Ce seul renouvellement contribue à une baisse significative des émissions du secteur.

Les carburants d’aviation durables (SAF) : un deuxième pilier stratégique mais contraint

Les SAF (Sustainable Aviation Fuels) sont des carburants fabriqués à partir de biomasse (huiles usagées, déchets agricoles) ou de CO₂ capté et d’hydrogène vert (e-fuels). Ils peuvent réduire les émissions de CO₂ de 70 % à 90 % par rapport au kérosène fossile, sans modifier les moteurs ou les infrastructures. C’est pourquoi, l’Union européenne a fixé des objectifs à atteindre via le règlement ReFuelEU Aviation :

  • 6 % de SAF en 2030 (dont 1,2 % d’e-fuels)

  • 20 % de SAF en 2035 (dont 5 % d’e-fuels)

  • 70 % de SAF en 2050 (dont 35 % d’e-fuels)

 

L’objectif pour 2030 semble atteignable grâce aux unités de production d’HVO (huile végétale hydrotraitée) déjà opérationnelles. En revanche, les objectifs fixés pour 2035 apparaissent plus difficiles à atteindre. Les ressources en huiles et graisses restent limitées, alors que la production d’e-fuels coûte encore entre 3 et 8 fois plus cher que le kérosène fossile et nécessite d’importantes quantités d’électricité décarbonée.

L’hydrogène bas-carbone constitue également une piste stratégique pour l’aviation du futur, notamment pour les avions régionaux et les nouvelles architectures aéronautiques actuellement en développement.

La sobriété : modérer la demande par le signal-prix

Dans le secteur aérien, la sobriété vise à limiter la croissance du trafic afin de réduire les émissions du secteur. En effet, en revoyant le prix du billet d’avion à la hausse, le comportement des consommateurs change : ils tendent à s’orienter vers des choix plus vertueux. Pour ce faire, certaines mesures sont déjà en place :

  • Le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS) impose aux compagnies aériennes de compenser une partie de leurs émissions carbone.

  • Les compagnies aériennes opérant au départ d’aéroports européens sont obligées d’incorporer une proportion minimale de SAF (Sustainable Aviation Fuel, ou carburant d’aviation durable).

  • La TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d’avion), ajoutée au prix du billet, varie selon la destination (France/Europe/international) et la classe (économie/business).

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Quelles aides financières pour la décarbonation de l’aviation ?

La décarbonation du secteur de  l’aviation nécessite de lourds investissements, et les financements publics mobilisables se trouvent à trois niveaux : européen, national et régional.

Les aides européennes pour la décarbonation aérienne

Au niveau européen, le principal dispositif actuellement opérationnel est le Fonds pour l’innovation (Innovation Fund), qui finance des projets de technologies zéro émission, y compris pour le secteur de l’aviation, notamment pour les carburants durables (SAF). 

Par ailleurs, le quatrième appel à projets du programme européen Clean Aviation, officiellement achevé le 18 mai 2026, témoigne de l’intensité du soutien avec plus de 300 millions d’euros proposés pour des projets de rupture (hybridation électrique, nouvelles architectures d’aéronefs, etc.). Ce type d’appel à projets est souvent disponible une fois ou deux par an : il est donc préférable de suivre l’actualité afin de pouvoir lancer votre projet dès que vous en aurez l’opportunité.

Les aides ADEME et nationales pour l’aviation durable

Pour les entreprises de la filière aéronautique (SAF, hydrogène, infrastructures aéroportuaires, efficacité énergétique des sites de production), il existe des dispositifs d’aides au financement proposés par l’ADEME, bien qu’ils ne soient pas spécifiquement réservés au secteur de l’aviation. L’appel d’offres « Grands Projets Industriels de Décarbonation 2026 », par exemple, soutient les projets industriels de décarbonation les plus ambitieux. Il peut, par exemple, financer les projets de production de carburants d’aviation durables (SAF), d’e-fuels ou d’hydrogène vert.

L’appel à projets DECARB-FLASH 2025-2027 sert, quant à lui, à financer les investissements compris entre 100 000 € (25 000 € en Outre-mer) et 3 millions d’euros. Il s’adresse donc plutôt aux PME, ETI et grandes entreprises non soumises au marché carbone. En ce qui concerne l’appel à projets DECARB IND 25, il cible les projets d’investissement à partir de 3 millions d’euros, qui visent une réduction d’au moins 1 000 tCO₂ par an. Ce dispositif sert à financer l’efficacité énergétique, le changement de mix, le captage de carbone, etc.

Les aides régionales

Au niveau régional, les aides sont plus ciblées. Pour ce faire, chaque région peut mobiliser des aides directes (subventions ou avances remboursables) dans le cadre de ses fonds européens FEDER, ou via des dispositifs propres de soutien à l’innovation industrielle. Un accompagnement par un cabinet spécialisé est donc essentiel pour identifier le bon interlocuteur régional selon la localisation de votre projet.

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Obtenir ces aides grâce à Acsio Conseil

Avec des milliers de dispositifs d’aides publics disponibles en France, il est facile de se perdre ou de laisser passer une opportunité de co-financement. C’est pourquoi, notre équipe réalise un audit de votre projet pour comprendre vos besoins et trouver le dispositif le plus adapté.

Une fois les bons dispositifs trouvés, nous rédigeons pour vous les dossiers de réponse aux appels à projets. Nous gérons également les échanges avec les organismes financeurs pour défendre votre projet. Nous restons ensuite à vos côtés pendant toute la phase de réalisation des travaux afin d’assurer la rédaction des rapports intermédiaires, la justification des dépenses et la coordination avec les organismes pour le versement effectif des subventions.

Quelle que soit la taille de votre entreprise, faites décoller votre projet de décarbonation avec Acsio Conseil. Contactez-nous via notre formulaire en ligne ou par téléphone au 01 47 37 30 36, du lundi au vendredi de 8h à 19h.

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