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- Rédigé par : Acsio Conseil
Le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Cette part pourrait fortement augmenter d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise et que la demande ne cesse de croître, selon l’Organisation Maritime Internationale. Comment définir la « décarbonation du transport maritime » ? Quels leviers peuvent être mobilisés ? Et surtout, quels dispositifs l’Union européenne et l’État français mettent-ils à disposition des entreprises pour accélérer cette transition ?
Qu’entend-on par « décarbonation du transport maritime »?
La décarbonation du transport maritime désigne l’ensemble des actions visant à réduire, voire à éliminer, les émissions de gaz à effet de serre générées par ce secteur. Elle repose principalement sur :
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le remplacement des énergies fossiles par des carburants alternatifs ;
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l’amélioration de l’efficacité énergétique des navires ;
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l’optimisation des itinéraires et des opérations maritimes ;
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le développement de nouvelles technologies de propulsion et d’équipements bas carbone.
Bien qu’il soit l’un des modes de transport les plus efficaces pour acheminer de grandes quantités de marchandises, le transport maritime demeure aujourd’hui très dépendant des énergies fossiles. Le secteur est donc particulièrement exposé à la volatilité des prix de l’énergie ainsi qu’au renforcement progressif des réglementations climatiques internationales.
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La réglementation « Net Zero » de l’OMI : où en est-on aujourd’hui ?
En avril 2025, l’OMI a approuvé un projet de cadre réglementaire ambitieux, dit « Net Zero », afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime international. Ce cadre prévoit notamment :
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l’instauration d’un mécanisme mondial de tarification du carbone ;
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une norme internationale sur l’intensité carbone des carburants marins ;
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un objectif de neutralité carbone du secteur à l’horizon 2050.
L’adoption formelle de cette nouvelle réglementation a été reportée d’un an, en raison de divergences géopolitiques, auxquelles s’ajoute celle de pays producteurs d’hydrocarbures, qui redoutent une accélération de la transition énergétique et une baisse de la demande en pétrole et en gaz. L’Union européenne et plusieurs États insulaires, en première ligne face à la montée des eaux, soutiennent au contraire cette initiative, essentielle pour réduire les émissions et éviter une multiplication des réglementations régionales. Les négociations techniques se poursuivent donc pour affiner les lignes directrices du futur cadre réglementaire, bien que son adoption définitive dépende d’un consensus politique difficile à atteindre.
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Les « Aides à l’investissement pour la décarbonation du transport et des services maritimes »
L’appel à projets « Aides à l’investissement pour la décarbonation du transport et des services maritimes » a été lancé le 2 avril 2026 par l’ADEME, sous pilotage conjoint du Ministère des Transports, du Ministère de la Mer et de la Pêche, et du Ministère de l’Industrie. Doté d’une enveloppe globale de 62,2 millions d’euros, financée notamment grâce aux recettes du marché carbone européen (EU ETS), ce dispositif vise à soutenir :
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la décarbonation directe des navires ;
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les investissements industriels ;
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les investissements portuaires.
Thématique 1 : la décarbonation directe des navires
La décarbonation directe des navires cible principalement deux axes :
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L’amélioration de l’efficacité énergétique des navires existants pour réduire la consommation de carburant et les émissions de CO₂ ;
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L’acquisition de navires neufs plus performants pour encourager l’adoption de technologies bas carbone.
Pour être éligibles, les dépenses engagées doivent couvrir les coûts supplémentaires par rapport à un scénario contrefactuel, c’est-à-dire un navire classique conforme aux normes européennes. Les études techniques indispensables à la réalisation de l’investissement sont également prises en charge, à condition qu’elles soient amorties par le porteur de projet et en lien direct avec l’amélioration de l’efficacité énergétique ou l’acquisition d’un navire propre.
Thématique 2 : les investissements industriels
Les investissements industriels pris en charge dans le cadre de l’appel à projets visent à renforcer les capacités de production européennes dédiées à la décarbonation du transport maritime, afin de soutenir la modernisation des chantiers navals et des usines. Cela permettrait à ces derniers de produire des navires, des équipements et des solutions bas carbone, tout en réduisant l’impact environnemental des processus de production. Les actions éligibles comprennent notamment :
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La création ou l’extension de chantiers navals pour la fabrication et le rétrofit (modernisation ou modification) de navires bas carbone ;
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La création ou l’extension d’usines et de lignes de production d’équipements, de systèmes ou de solutions de décarbonation (batteries, piles à hydrogène, électrolyseurs, technologies de propulsion éolienne) ;
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Le développement de moyens de production innovants, comme des démonstrateurs industriels ou des machines de montage innovantes ;
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Les investissements ayant pour but de réduire l’impact environnemental des processus de production.
Les conditions d’éligibilité dépendent de la taille de l’entreprise et de la localisation du projet. À titre d’exemple, les PME peuvent bénéficier d’aides pour divers types d’investissements, tandis que certaines aides destinées aux grandes entreprises sont limitées aux projets situés en zone AFR (Aide à Finalité Régionale).
Thématique 3 : les investissements portuaires
Les investissements portuaires, quant à eux, doivent avoir pour ambition de déployer des infrastructures essentielles pour la décarbonation du transport maritime. Celles-ci doivent permettre le ravitaillement des navires en carburants alternatifs ou leur alimentation électrique à quai, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les ports. Les actions éligibles portent sur :
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La construction, la modernisation ou l’extension de systèmes d’alimentation électrique à quai (raccordements au quai, bornes de recharge, unités de stockage d’électricité renouvelable, etc.) ;
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Les installations de distribution et de ravitaillement en carburants alternatifs ;
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Les réservoirs et réseaux dédiés à ces carburants.
Certains types d’infrastructures sont exclus du dispositif, notamment celles destinées aux carburants fossiles ou celles qui ne sont pas directement liées à la décarbonation, comme les quais d’amarrage ou les bureaux. Les projets déposés dans le cadre de cet appel à projets sont évalués selon trois grands critères, pour un total de 100 points :
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l’efficacité environnementale (45 points) ;
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l’efficacité des aides publiques (25 points) ;
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la qualité technico-économique et la contribution à la résilience européenne (30 points).
Comment les projets sont-ils sélectionnés ?
Les projets soumis dans le cadre de cet appel à projets sont évalués selon trois critères principaux, pour un total de 100 points : efficacité environnementale (45 points), efficacité des aides publiques (25 points), qualité technico-économique et contribution à la résilience européenne (30 points). Ces critères servent à classer les projets et d’attribuer les aides en fonction de leur pertinence.
L’efficacité environnementale est notamment mesurée à partir de la quantité de CO₂ évitée grâce au projet par rapport à un scénario de référence :
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sur 5 ans pour la thématique 1 ;
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sur 20 ans pour les thématiques 2 et 3.
Les projets doivent également respecter le principe DNSH (« Do No Significant Harm »), qui interdit le financement de projets susceptibles de causer un préjudice environnemental significatif.
L’efficacité des aides publiques, pour sa part, dépend du ratio entre le coût de l’aide publique et la tonne de CO₂ évitée. Les projets les plus efficaces, c’est-à-dire ceux dont le coût par tonne de CO₂ évitée est le plus faible, obtiennent les meilleures notes. La qualité technico-économique et la contribution à la résilience européenne, quant à elles, sont évaluées selon la pertinence et la fiabilité de la solution proposée, la faisabilité du projet, ainsi que sa capacité à réduire les émissions hors GES.
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Le Fonds pour l’innovation : financer la décarbonation du transport maritime
Le Fonds pour l’innovation (Innovation Fund) de l’Union européenne est un dispositif important pour la transition écologique du secteur maritime. Avec un budget de 40 milliards d’euros pour la période 2020–2030, ce programme a été mis en place pour accélérer le déploiement de technologies innovantes à faibles émissions de carbone. Dans le secteur du transport maritime, il peut servir à financer :
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Les carburants alternatifs : développement et déploiement de carburants marins zéro émission ;
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La propulsion décarbonée : projets pilotes pour des systèmes de propulsion (électrique, à hydrogène, ou hybrides), et pour l’optimisation énergétique des navires ;
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Les infrastructures portuaires : modernisation des ports pour accueillir des navires à faible émission (stations de ravitaillement en carburants verts, systèmes d’électrification à quai) ;
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Les technologies de capture et de stockage du CO₂ : solutions innovantes pour capturer les émissions des navires et les stocker ou les réutiliser ;
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L’optimisation logistique : outils numériques pour réduire la consommation énergétique des flottes (routage intelligent, gestion optimisée des cargaisons).
Le Fonds pour l’innovation a pour ambition de réduire les risques financiers pour les investisseurs privés, de stimuler la collaboration entre acteurs publics et privés, et de positionner l’Europe comme leader dans les technologies maritimes durables, avec un avantage compétitif sur les marchés mondiaux.
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Le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe
Le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE, aussi appelé Connecting Europe Facility) est un programme de l’Union européenne dédié au financement des infrastructures stratégiques, y compris celles essentielles à la décarbonation du transport maritime. Géré par la Commission européenne, le MIE vise à renforcer les réseaux transeuropéens dans les domaines des transports, de l’énergie et du numérique, en finançant des projets qui améliorent la connectivité, la durabilité et l’efficacité des systèmes européens.
Dans le cadre du MIE, les projets liés au transport maritime peuvent bénéficier de financements pour :
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Moderniser les infrastructures portuaires : déploiement de systèmes d’alimentation électrique à quai, pour permettre aux navires de couper leurs moteurs et de se brancher sur le réseau électrique local.
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Développer des corridors maritimes verts : création de routes commerciales décarbonées, qui combinent des infrastructures portuaires adaptées et des technologies de propulsion propre.
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Améliorer l’intermodalité : intégration des ports dans des réseaux de transport multimodal (ferroviaire, fluvial, routier) pour mieux gérer les flux de marchandises et réduire l’empreinte carbone globale.
À noter : le MIE complète d’autres dispositifs européens, comme le Fonds pour l’innovation, dans le but de financer au mieux les acteurs du transport maritime engagés dans la transition écologique.
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Acsio Conseil, votre cabinet expert en subventions
Chez Acsio Conseil, nous savons que monter un dossier de subvention est un parcours à la fois complexe et chronophage. Que vous soyez une petite société de transport maritime qui souhaite réduire sa consommation de carburant ou un grand opérateur portuaire devant se mettre en conformité, nous construisons avec vous une stratégie de financement sur mesure. Vous cherchez de l’aide pour la transition écologique de votre entreprise ? Contactez notre équipe au 01 47 37 30 36, nos collaborateurs sont à votre écoute du lundi au vendredi, de 8h à 19h.



